mardi 25 mars 2014

Revue l'Elevage - Noël 1938 : Le Berger Hollandais




Voici un article publié dans la revue belge "L’Élevage" de Noël 1938, écrit par M. Auguste CASPERS, sur les chiens Hollandais. Le Berger Hollandais y est longuement décrit, et il est particulièrement intéressant de connaître la situation du cheptel en Belgique et aux Pays Bas 76 ans auparavant.

La description du standard et notamment de la politique d'élevage du NHC quant aux couleurs met également en lumière l'histoire de la race.







Les circonstances ont voulu que le numéro de Noël 1938 (1) soit consacré à un pays dont la cynologie est moins riche que le sont la Belgique, la France, l'Angleterre, l'Allemagne, pour ne citer que les pays dont nous avons déjà parlé. 

La Hollande n'est pas pauvre en chiens autochtones. Proportionnellement à son territoire, elle en a même d’avantage que de bien plus grandes nations. Mais les Hollandais, qui sont très fiers de leur pays et de son passé au point de paraître teintés d'un peu de chauvinisme, ne montrent que peu d'intérêt pour leurs chiens nationaux. Ils en ont cependant eu, et ils en ont encore, de divers formats et de diverses races.

Ils ont eu des chiens de chasse : des lévriers, des épagneuls ; les tableaux des grands maîtres de l'école néerlandaise, de Frans SNYDERS pour ne parler que de celui-là, en font foi. Ils ont encore quelques représentants de chiens courants, de chiens de perdrix de Drenthe. — Mais c'est si peu de chose.

Notre grand ami et notre providence en matière chiens de chasse, le D' méd. et phil. JUNGKLAUS V. D. WILLMSHAIDE, nous a donné un article à leur sujet.

Ils ont des chiens de berger, séparés, à peu près comme le sont nos chiens de bergers belges, en trois variétés : à poil court, à poil long et à poil dur. Les derniers, bien que théoriquement de même structure que les poils courts et les poils longs, ne le sont en réalité pas du tout. Tout comme chez nos bergers belges, le poil dur est un type à part. — C'est le seul auquel les Hollandais semblent encore tenir un peu. Ils s'en occupent du moins. Il est même assez curieux de constater que les Hollandais ont une prédilection pour les chiens à poil dur, et que nos poil dur belges en profitent largement. 

Il ne sert à rien de rouvrir ici le débat, maintes fois amorcé, sur l'origine des bergers hollandais, que d'aucuns veulent rattacher aux bergers belges, sans plus. Comme si tous les bergers de l'ouest n'avaient pas une origine commune !

Il est de fait que les poils durs hollandais et belges se ressemblent fort. Beaucoup plus que d'aucuns veulent bien l'admettre. Je me suis souvent réjoui à l'idée de laisser courir dans un box une vingtaine de bergers à poil dur hollandais et autant de belges, pour autant qu'on puisse encore les trouver, et de les faire trier par un juge officiel. Je pense qu'on s'amuserait.

Mais le poil court et le poil long sont d'un tout autre type que leurs collègues belges. Le berger hollandais à poil court est un chien magnifique : du type, de la stature, du coffre, du caractère. Il devient très rare en Hollande. Il y a 4/5 ans, du temps de Champion Bob, il y en avait d’avantage et de plus beaux en Belgique qu'en Hollande. 

Quant au berger à poil long hollandais, qu'on me permette une anecdote. En 1937, j'étais comme visiteur à l'exposition de championnat à La Haye. Dans le ring des bergers belges se présentait un très beau berger hollandais à poil long, inscrit par erreur comme un Tervueren. Le juge belge le renvoya du ring, non jugé, disant qu'il n'était pas de race belge. Deux heures plus tard, je rencontrai l'exposant, triste à mourir, les larmes dans les yeux. Il s'était adressé à des exposants, à des officiels, au secrétariat ; personne n'avait pu le renseigner sur le chien qu'il tenait en laisse. Je suis allé avec lui vers le ring des bergers hollandais et je lui ai dit de s'adresser au juge. Celui-ci, heureusement, reconnut la race et octroya au chien un premier prix bien mérité. — C'est peu grave, direz-vous. Tout de même. Si un juge étranger ne s'était, par hasard, trouvé sur son chemin, voilà un chien national hollandais qui aurait du quitter, sans pouvoir être jugé, l'exposition de championnat nationale hollandaise.

A.C.

Bob vd Merwestad
Depuis quelques années, l'élevage du berger hollandais a trouvé de nombreux partisans en Belgique. L'apport de sang étranger a eu d'ailleurs d'heureux résultats grâce à l'impulsion donnée à cet élevage par des amateurs, qui n'ont reculé devant aucun sacrifice en faveur de cette belle race.

Ce fut d'abord l'importation de reproducteurs choisis entre les meilleurs sujets connus et de courant de sang diffèrent : Champion Bob van de Merwestad, — Championne Aida van Sparrendal, — puis Gonda, van Sparrendal et Ursus van de Hertogstad. Ceci n'alla pas sans émouvoir la presse cynophile hollandaise qui lança à certain moment ce cri d'alarme. — « Le temps n'est pas éloigné où les amateurs hollandais seront obligés de s'adresser à leur voisin du sud pour obtenir des bons sujets de leur race nationale ». 

Effectivement, la Belgique possède actuellement des sujets dignes de rivaliser avec les meilleurs d'outre Moerdyk. Où sont-ils ; malheureusement éparpillés aux quatre coins du pays entre les mains d'amateurs désertant nos expositions comme tant d'autres et il en résulte que le berger hollandais reste en général trop peu connu du public belge. 

Cette même désertion se constate en Hollande, et les dernières expositions de Groningen, S'Hertogenbosch et Breda réunirent absolument trop peu de bergers hollandais. 

Cette race comprend trois variétés : poil court —, poil dur et poil long. La variété à poil long est pratiquement éteinte et c'est en vain qu'un délégué pour l'encouragement de l'élevage du berger hollandais en Belgique a parcouru la Hollande cette année pour en retrouver un exemplaire. 

La variété à poil court est, si l'on peut dire, la plus répandue ; son pelage bringé (foncé ou clair) en fait son originalité. Quant à la variété à poil dur, son élevage ne rencontre pas toutes les faveurs ; les derniers sujets présentés à Breda étaient absolument insuffisants. 

Le chien berger hollandais mérite cependant qu'on s'y intéresse. La vulgarisation de cette race est confiée en Hollande au N.H.C. (Nederlandsche Herdershonden Club) qui vient de fêter son quarantième anniversaire, tandis qu'en Belgique, le Club du Berger Hollandais, aux destinées duquel j'ai l'honneur de présider fêtera ses dix années d'existence en 1939. 

Souhaitons qu'à cette occasion les amateurs de cette belle race auront à cœur de montrer leurs meilleurs produits. 

Nous avons déjà dit quelques mots du berger hollandais dans notre introduction de ce recueil, et nous voudrions y ajouter encore quelques réflexions. 

Que le berger hollandais est originaire du Brabant septentrional est hors de doute. Plus dans le Nord, il y avait un autre berger, celui de Drenthe, disparu maintenant. Mais le Brabant hollandais est la continuation de notre Brabant belge, d'où nos bergers à nous sont originaires. Les origines communes de nos bergers, qu'ils soient belges ou hollandais, ne peut même être contestée. Plus même, on dirait que deux de nos variétés belges ont tout simplement changé de domicile : le poil dur et le bringé à poil court. On ne les retrouve plus guère qu'en Hollande. Le poil dur s'y est mieux conservé dans sa forme primitive. Le poil court bringé y a été transformé; très probablement par l'introduction de sang de berger allemand. Cela n'a pas été sans laisser des traces, et c'est ce qui fait dire à Johan PIETERSE que la plupart des bergers hollandais à poil court se promènent avec des oreilles qui disent « Heil » et qui chantent le « Deutschland über alles ». 

Mais tous ne sont pas ainsi. Il reste parfaitement des poil court bringés qui, tout étant de grands et forts chiens, bien balancés, bien équilibrés, se trouvent aussi loin du berger allemand que du malinois ; comme ils ont du caractère, qu'ils sont calmes, parfaitement dociles et intelligents, ils ont toutes les qualités du bon chien de travail, et ils ne méritent pas le discrédit dont-ils sont les victimes. 

La question des couleurs chez le berger hollandais a fait couler des flots d'encre. 

Jusqu'en 1913, toutes les couleurs furent admises. Cette année-là, vint l'interdiction absolue du blanc et la séparation en couleurs : bringé foncé ou clair chez les poils courts ; brun-marron ou bringé chez les poils longs ; gris-bleu, bringés, poivre et sel chez les poils durs. 

La mesure fut fort critiquée. VON STEPHANITZ ne devait pas en être partisan, lui qui avait félicité les hollandais de ne pas avoir suivi l'exemple des belges. PIETERSE, d'autres cynologues encore, attribuent à cette mesure, le peu de succès que le berger hollandais a rencontré, même dans son pays. La restriction quant aux couleurs fut rapportée fin 1935. Depuis lors, les poils longs continuent à avoir la robe brun-marron-bringé, mais les poils durs peuvent être fauves, bruns, rouges, gris-cendré, bringés, gris -bleu ou poivre et sel ; les poils courts peuvent se montrer en jaune, brun, rouge, soit unicolores, soit bringé-foncé ou clair. 

Ce revirement aura-t-il l'influence heureuse qu'on en attendait ? Il est trop tôt pour en juger. Mais je ne le crois pas. Je sais une chose, c'est que le poil court bringé est un chien admirable, absolument typique et je crains fort que le type ne sera plus le même si le chien se présente sous un autre aspect.
 
A.C.

Aida van Sparrendal


Apparence générale. — Un chien de moyenne grandeur, pas trop lourd, calme, bien musclé, fort et symétriquement bâti, toujours attentif et en mouvement, au tempérament vif, à l'expression intelligente et bien bergère. 

Taille. — Rapport entre la hauteur au garrot et la longueur du corps : 9 : 10.
Hauteur au garrot : mâles de 58 à 63 cm.
Hauteur au garrot : femelles de 55 à 62 cm.
Pour les poils longs seuls, les minima sont réduits à 55 et 53 cm,. 

Qualités. — Obéissant, docile, peu exigeant, vigilant, très fidèle, très résistant

Variétés. — Ils sont séparés d'après le poil en :
a) poil court ; 
b) poil dur ; 
c) poil long. 

POIL COURT. 

Robe. — Sur tout le corps un poil assez rude, pas trop court, avec sous-poil laineux. Tête couverte de poils, collerette visible, culotte et fouet bien développés. (Le poil ondulé est mauvais). 

Couleur. — Jaune, rouge, brun, brochet, bringé or et argent. Le bringé doit être net et réparti sur tout le corps aussi bien que sur la collerette, la culotte et le fouet. Le bringé doit aller de l'implantation du poil au bout de celui-ci. Trop de poil de couverture noir est mauvais — Masque de préférence noir. Les couleurs jaune, rouges brun et brochet ne peuvent se rencontrer que chez les chiens nés après le 17 novembre 1935, sortant de parents inscrits au N.H.S.B. 

POIL DUR 

Robe. — Sur tout le corps un poil dur, ébouriffés rêche au toucher, mais le poil de couverture ondulant le moins possible ; sous-poil laineux et serré, sauf sur la tête. Les mâchoires bien garnies (moustache et barbe) d'un poil qui n'est pas doux et qui est bien séparé; les sourcils broussailleux, ne recouvrant pas les yeux ; sur le crâne, les joues et les oreilles, le poil est moins développé. Forte garniture autour de la queue et culotte bien garnie. 

Couleur. — Jaune, rouge-brun, gris-cendré, bringé, gris-bleu, poivre et sel. Le jaune, le rouge-brun, le gris-cendré ne peuvent se rencontrer que chez les chiens nés après le 17 novembre 1935, sortant de parents inscrits au N.H.S.B. 

POIL LONG. 

Robe. — Sur tout le corps un poil long, couché, assez gros au toucher ; collerettes, culotte et fouet bien garnis de poils ; ni bouclé ni ondulé. Sous-poil laineux abondant. Tête, oreilles, pieds, de même que les cotés intérieurs et extérieurs des pattes de derrière, recouverts d'un poil court et serré. Aux pattes de devant, fortes franges, allant en diminuant vers le bas, Poil long très abondant sur la culotte. Celle-ci n'arrive cependant pas jusqu'au jarret, de sorte que le jarret et le pied sont à poil court. Des franges aux oreilles sont à rejeter. 

Couleur. — Brun-marron, bringé or ou argent. 

SUITE DU STANDARD 
pour les 3 variétés. 

Tête. — Proportionnée au corps, sans être lourde ; apparence générale sèche. De moyenne longueur et largeur (pas du type lévrier), en forme de coin, le museau un peu plus long que le crâne ; chanfrein droit et parallèle au crâne; stop à peine perceptible. Lèvres s'adaptant bien. La tête des chiens à poils dur est de forme un peu plus carrée.

Oreilles. — Proportionnées à la tête, plutôt petites que grandes, aussi rigides que possible, portées droites et tournées vers le devant, le chien étant en action; attachées haut et devenant plus étroites vers le bout, sans être rondes ou finir en pointe. 

Yeux. — Foncés, de moyenne grandeur, en amande, placés légèrement en oblique, pas trop écartés.

Nez. — Toujours noir.

Dents. — Fortes et bien régulières. Les incisives de dessus dépassent légèrement et touchent à celles de dessous (en ciseaux).

Cou. — Pas trop court, sans fanon, se rattachant gracieusement au corps. 

Corps. — Solide, côtes légèrement incurvées, poitrine profonde et pas trop étroite, ventre pas trop levretté. Dos court, droit et puissant, garrot haut, flancs pas trop étroits, croupe pas trop courte et pas trop en pente. 

Avant-main. — Pattes postérieures solides, bien musclées, avec beaucoup d'os ; droites, vues de n'importe où. Les pattes de devant pas trop droites par rapport à l'avant bras (donc pas comme chez les terriers). Epaules bien collées au corps, obliques, et avant-bras suffisamment long. 

Arrière-main. — Jambes de derrière solides, bien musclées, avec beaucoup d'os, angulation modérée au genou. L'os de la hanche pas trop oblique et formant avec celui de la cuisse un angle pas trop obtus. Jarret coudé avec modération. Pas d'ergots. 

Pieds. — Orteils bien coudés et bien serrés ; ongles noirs de préférence; soles intactes et élastiques, de préférence noires. 

Queue. — Au repos : pendante ou avec courbe légère, la pointe ne dépassant pas le jarret. En action, gracieusement relevée, mais sans crochet et sans déviation. 

Allure. — Aisée aux foulées normales, sans être serrée, ni flottante. 

DEFAUTS AMENANT LA DISQUALIFICATION. 

Blanc formant ligne ou tache, ainsi que trop de blanc sur les pieds et les orteils.
Nez : autre que noir.
Oreilles pendantes ou en cuillère.
Yeux vairons.
Mauvaise couleur, mauvaise démarcation ou trop de poil de couverture noir.
Queue coupée ou enroulée.
Overshat ou undershot.
Taille en dessous du minimum.

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